Silence sur les accusations de crimes de guerre



Par HERB KEINON


Au moment où des organisations du monde entier accusent Israël de crimes de guerre, la réponse israélienne est considérée trop laxiste et pas suffisamment offensive par une source gouvernementale.

Par exemple, Jérusalem a gardé le silence lorsque l'Autorité palestinienne (AP) a exhorté la Cour internationale de Justice de La Haye (CIJ) à mener une investigation pour les crimes de guerre qu'Israël aurait commis pendant l'opération "Plomb durci".

Plus de 210 groupes, dont l'AP, ont demandé à l'ICJ de s'occuper de cette question. Des enquêtes préliminaires sont en cours.

Au lieu de faire savoir à l'AP que ce n'était pas la manière d'agir de la part d'un partenaire de la paix, Israël a gardé le silence, déplore la source du gouvernement.

Personne n'a pris l'initiative de s'en prendre aux actions entreprises par l'AP à cause de la période sensible des élections, explique un responsable du ministère des Affaires étrangères.

En effet, ni le Premier ministre Ehoud Olmert - qui a développé des liens avec l'AP durant tout son mandat -, ni la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni - qui a mené des négociations avec les Palestiniens - n'avaient d'intérêt politique à les attaquer.

Aussi, malgré toutes les plaintes portées contre Israël, rien de concret n'a émergé pour le moment. Et quand les accusations se sont faites plus menaçantes, Jérusalem n'a pas hésité à répondre énergiquement, explique le ministère des Affaires étrangères.

Cela a été le cas en janvier quand un juge espagnol a décidé de mener une enquête sur sept anciens responsables de la sécurité. Cette instruction devait conduire à les accuser de crimes de guerre pour un bombardement à Gaza en 2002 qui a entraîné la mort du terroriste du Hamas Salah Shehadeh et de 14 autres personnes.

Le mois dernier, le Premier ministre Ehoud Olmert a déclaré publiquement : "Avec ses acrobaties morales habituelles, ces organisations et leurs partisans tentent de faire de l'assaillant l'attaqué et vice-versa."

Olmert a ensuite nommé le ministre de la Justice Daniel Friedman président d'une équipe interministérielle destinée à coordonner les efforts de l'Etat pour fournir une défense légale à tous ceux qui avaient participé à l'opération militaire.
Concernant son efficacité ou sa rapidité, cette équipe est loin de remporter l'unanimité.

"Ce sujet ne semble pas suffisamment atteindre le pays, c'est pourquoi les gens le prennent à la légère. Il faut développer une stratégie et un programme pour le gérer, sinon ce phénomène se répandra et deviendra bien plus sérieux encore", a prévenu Doron Almog, concerné par l'enquête espagnole.

En 2005, il a déjà échappé de peu à un mandat d'arrêt issu de Londres concernant son rôle de commandant de la région Sud en 2003 lors duquel il était accusé d'avoir violé les conventions de Genève.

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