L’attentat du Goush Etzion




Par Guy Senbel
pour Guysen International News


Cette semaine, nous souhaiterions attirer l’attention de nos lecteurs sur l’attentat perpétré jeudi 2 avril dans la localité de Bat Ayin, une petite localité du Goush Etzion. L’auteur du crime terroriste s’est infiltré au cœur du village ; muni d’une hache, il frappe et blesse grièvement un enfant de 7 ans et tue à coup de hache Shlomo Nativ, un jeune homme de 16 ans. Avec son revolver, il tire tous azimuts pour tuer au hasard et à tout prix.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’auteur de l’attentat se serait déguisé en juif orthodoxe pour déjouer les contrôles de sécurité. Il a réussi à prendre la fuite.

La branche armée du Fatah, les Escadrons d’Imad Mougnieh ou la branche armée du Djihad islamique se sont précipités pour revendiquer tour à tour l’attentat, qui marque un premier défi au gouvernement formé cette semaine par le nouveau Premier ministre d’Israël, Benyamin Netanyahou.

Qu’il ait agi seul ou avec la complicité d’un mouvement terroriste palestinien, l’auteur de l’attentat a choisi délibérément un moment symbolique, celui de l’investiture d’un gouvernement qui n’a pas déclaré la création d’un Etat palestinien comme une de ses priorités. Le nouveau Premier ministre israélien a pourtant déclaré dans son discours d’investiture à la Knesset que la paix était « possible ». Mais il parle de paix économique, censée apaiser les tensions, en évitant soigneusement les aspects politiques du dossier

Netanyahou a cependant reconnu tous les accords signés par Israël et, s’il n’a pas évoqué l’Etat palestinien, il a affirmé que dans le cadre d’un « accord définitif », les Palestiniens « disposeront de tous les droits pour se gouverner eux-mêmes, sauf ceux susceptibles de constituer un danger pour la sécurité et l’existence de l’Etat d’Israël ».

C’est ce même discours que les chefs de gouvernements israéliens tiennent depuis quinze ans au moins. Pour les Israéliens, la création d’un Etat palestinien est l’aboutissement d’un processus de paix, non d’un cycle de violence tel que l’Intifada l’a engendré.
Celle-ci a-t-elle d’ailleurs cessé ? Le mur de séparation tracé par Ariel Sharon limite considérablement et depuis des années le nombre d’attentats perpétrés en Israël.
Il n’atténue cependant en rien la volonté ferme exprimée par nombre d’organisations palestiniennes d’utiliser la terreur comme « arme de libération nationale ». Et si l’on compte le nombre de pierres jetées chaque jour par des Palestiniens, si l’on n’oublie pas que chaque semaine, plusieurs attentats sont déjoués par les services spéciaux, on peut considérer que la violence n’a pas baissé d’intensité ; la sauvagerie est permanente.

Jeudi 2 avril, le terroriste a tué dans la région du Goush Etzion. Le lieu est aussi symbolique.
Le Goush Etzion se situe au sud de Jérusalem et abrite des communautés qui avaient défendu l’approche de Jérusalem contre les armées jordaniennes pendant la guerre d’Indépendance d’Israël en 1948. Les kibboutz et villages juifs furent alors détruits et 240 hommes et femmes furent assassinés par les soldats de la Légion Arabe. David Ben Gourion a souvent vanté dans ses discours la résistance héroïque des habitants du « Goush »…

Vingt ans plus tard, au lendemain de la guerre des Six jours, David Ben Gourion saluait à nouveau la combativité exemplaire des défenseurs du Goush Etzion, cette fois victorieuse. Il révélait aussi l’importance stratégique de cette région : « Je ne connais pas de bataille plus magnifique, plus tragique, plus héroïque dans les annales des forces de la défense d’Israël que la lutte pour le Goush Etzion… Si Jérusalem juive est libre, nos premiers remerciements vont aux défenseurs du Goush Etzion. »

Cette région du sud de Jérusalem n’est pas seulement un symbole national. Elle est aussi un lieu stratégique pour la sécurité de la capitale israélienne. Plusieurs attentats meurtriers ont déjà été perpétrés dans la région du Goush Etzion, dont celui du 17 octobre 2005, qui avait fait trois morts et quatre blessés.

Ce soir, nous pensons à Guilad Shalit, soldat d’Israël et citoyen français, otage du Hamas depuis 1015 jours.

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